michèle causse
Il lui faut des années lumière pour être en mots de soi. Des années en quarte de tierce pour être en lumignon d'entière. Il lui faut des tombes et des trous et autant de cadavres de soi pour être en Lumineuse et luminer... Elle a la langue pour se faire pendre et autant d'yeux qu'il en faut pour se faire percer. Elle est toute en oreilles basses. Au ras du mot qui met racines. Voyages de la Grande Naine en Androssie
L'almanach des dames colorié par Djuna Barnes
 
Couverture de L'almanach des dames
colorié par Djuna Barnes
« Morte à plusieurs reprises, je ne suis pas sûre d'être née. Ce pourquoi toute notice biographique me semble une imposture. Irréelle, voire empruntée à une autre. Ce que je n'ai pas fait m'importe infiniment plus que ce que j'ai fait. Ainsi de ce qui ne m'est pas arrivé. J'ai néanmoins une histoire, laquelle ressemble à une carte de géographie (France, Tunisie, Italie, Etats-Unis, Antilles, Canada), autant de topoï, espaces vibratoires d'intensités variables, qui renvoient des images de mon existence migratoire. Mais à quoi bon en parler ? Qu'on me lise plutôt. Pour démentir mon épitaphe « Ni lue ni approuvée ». MC


Michèle Causse a été professeure invitée à Rome (chaire d'éducation des adultes), consultante à l'Unesco (département d'alphabétisation, où elle a utilisé la méthodologie créée par Alice Ceresa "l'Unité de bibliothèque"), professeure invitée à Montréal à l'Université Concordia. Elle a traduit de l'anglais et de l'italien une trentaine de romans (Melville, Gertrude Stein, Djuna Barnes, Mary Daly, Silone, Pavese, Natalia Ginzburg, Alice Ceresa, Luigi Malerba, etc.).
 


© Michèle Causse