michèle causse
Il lui faut des années lumière pour être en mots de soi. Des années en quarte de tierce pour être en lumignon d'entière. Il lui faut des tombes et des trous et autant de cadavres de soi pour être en Lumineuse et luminer... Elle a la langue pour se faire pendre et autant d'yeux qu'il en faut pour se faire percer. Elle est toute en oreilles basses. Au ras du mot qui met racines. Voyages de la Grande Naine en Androssie

Barbara Wolman et Michèle Causse - Photo © M.Causse   Barbara Wolman et Michèle Causse enregistrant la lecture des Voyages de la Grande Naine en Androssie.
     

Fictions
  • Défigures du soi (inédit) : Fiction UL/time, fragments d'un récit ultime à moins qu'il ne s'agisse du premier temps du récit d'Ul, pronom personnel du sujet dé/généré, hors androlecte, hors gynolecte. Hors dialectique.

  • Hors de soi. Extraits de Dé/figures du soi in Disent-ils. Ed. AHLA-Bagdam, Montréal/Toulouse, 2006, pages 115-136

  • Préface à l'ouvrage de Danielle Charest : Mais où est mais ? Ed. Le Sabord, Trois Rivières

  • Court of appeal. Récit en anglais. Revue Tessera, Montréal, 1996, in Anthologie Orlanda Frauenverlag, Berlin, 1997

  • Duelle. Nouvelle. Revue Treize, Montréal, 1994

  • Voyages de la Grande Naine en Androssie. Roman. Ed. Trois, Montreal, 1993, 270 p.

    Voyages de la Grande Naine en Androssie-Recto Voyages de la Grande Naine en Androssie-Verso Articles de presse :
    Lesbia Magazine n°123 - Janvier 1994

          


  • L'ilote. Nouvellle. Revue Trois, Montréal, 1990

  • À quelle heure est la levée dans le désert ? Théâtre. Collection Topaze. Ed.Trois, Laval, 1989, 133 p.

    Pour Janes Bowles
    (in memoriam)




    Comme au théâtre, il y a des personnages.
    Ils se contenteront de parler.
    Parler c'est agir.
    Parler c'est tuer.
    Ne pas parler, c'est tuer aussi.
    À quelle heure est la levée dans le désert ?      À quelle heure est la levée dans le désert ? page 11    À quelle heure est la levée dans le désert ? page 12       
      À quelle heure est la levée dans le désert ? page 13   À quelle heure est la levée dans le désert ? page 14  


  • (                ). Roman. Collection Topaze. Ed. Trois, Laval, 1987, 148 p.
    VOIS-TU
    que je suis tombée en ta peau
    ta peau déjà m'épelant
    à fleur de
    (globes oculaires dit trotters)
    Ton corps m'est seulement appendice
    sans organes ou presque conforme à son image cérébrale
    somatotopie
    Trans-figuré ton visage oui mais
    La face seule ne traduit pas
    l'organisation entière

    espace unique
    VISIBLE par dessus la crevasse
    des intensités élémentales
    que nous dégageons comme seiches
    dans le moment mouvement du
    VOIR
    Toi soudaine
    de la seule matrice
    Ecce mulier ma Sémite ou de l'Arrêt

    (et pour cause)
    en ses EFFETS
    ta semblance au faîte de toutes les ressemblances m'est
    apparaître
    synchronie en un visage UN
    fixateur
    des éléments premiers ou singuliers du passé
    ton---
    machine à imager l'overlapping jusqu'à l'IMAGE oui mais laquelle ?


(                )-Recto      (                )-Verso
  • Lettres à Omphale. Correspondance. Collection Femme. Ed. Denoël/Gonthier, Paris, 1983, 184 p.

    Lettres à Omphale - Recto      Lettres à Omphale - Verso


  • Rencontre avec Djuna Barnes. in L'almanach des dames. Ed. Flammarion, Paris, 1982, Amsterdam, 1983, pages 139-160

    L'almanach des dames - Recto      L'almanach des dames - Verso


  • Stèle de Jane Bowles. Avant-propos de Teneessee Williams.Textes traduits et présentés par Michèle Causse. Ed. du Nouveau Commerce, Paris, 1978, 48 p.

    Stèle de Jane Bowles         Stèle de Jane Bowles                      Muthos    Muthos
    par
    Michèle
    Causse
                    


  • L'intruse. Poésie. Cahiers 45-46. Ed. du Nouveau Commerce, Paris, Printemps 1980, pp. 14-20

  • Berthe ou un demi-siècle auprès de l'Amazone. Biographie. Ed.Tierce, Paris, 1980, 255 p.
    Berthe dit « Moi je ne suis pas la Céleste de Proust ni la Pauline de Colette ». Berthe est, selon les mots mêmes de Natalie Clifford Barney « bibliothéquaire, (sic) gérante, téléphoniste, garde malade, homme de peine, cuisinière, femme de chambre, compagne des hivers et des ennuis ».
    Et quel témoignage serait plus autorisé que celui d'une ferveur et d'une fidélité de cinquante ans ?


    Lors même qu'échapperait au regard de Berthe cette Amazone qui, après Sappho, suscita le plus grand nombre d'ouvrages et de commentaires, nous découvrons ici une figure qui n'est pas «  consommable » ni réductible aux fantasmes qu'elle a d'engendrés, même chez les écrivains les plus misogynes de son temps, tel Rémy de Gourmont : « Rien ne peut faire, conquérante en d'autres terrains, ceinte du baudrier et de l'arc tendu sous votre pied nu, que vous ne soyez pour moi Artémis et que vous ne recéliez en votre coeur toutes les puissances de la femme ». Amante de Renée Vivien, de Lucie Delarue Mardrus, de Lily de Clermont Tonnerre, de Dolly Wilde, de Romaine Brooks... Natalie n'est pas femme mais « ange » ainsi qu'elle le déclare nostalgiquement dans cette phrase : » Cet ange ne trouve-t-il pas en lui-même (sic) le couple parfait ? Car le masculin et le féminin sont si bien confondus en lui (sic) qu'il ne semble avoir aucun besoin de les rechercher ailleurs, mais cet état bienheureux, parfois il l'oublie en se laissant aller à quelque passion mortelle. » Quoi de plus rebelle que cette lesbienne (androgyne selon les lois de l'époque) qui se dit ange pour mieux cacher le fait qu'elle ne cèdera pas sur son désir ? » Ne conviendrait-il pas d'appliquer à Natalie Barney cette assertion des auteurs de L'ange : « L'ange n'a pas zéro sexe ni n sexes. Ce n'est pas un être asexué. Si la querelle du sexe des anges ne trouvait pas de réponse, c'était d'être impertinente. On ne peut pas dire l'ange a, n'a pas de sexe.Le sexe est impertinent quant à l'ange ».
    Je pourrais ajouter : « L'histoire de la sexualité est impertinente quant à la lesbienne ».
    Définie cynique, ironique, froide, Natalie Barney est en fait d'une lucidité sans réserves : C'est cependant l'amour que nous donnons dont nous aurions le plus besoin » et cette phrase d'un narcissisme confondant : «  l'Ange est l'être complet pour qui l'amour partagé est le plus grand sacrifice de soi ».


    Recopiant en 2006 de courts extraits de cette mienne préface, je me permets d'ajouter que ce dont Natalie Barney se plaint c'est de ne rencontrer que des « femmes » socialement construites et, à ce titre, toujours décevantes pour elle qui, dès l'enfance refusa l'embrigadement dans le genre et ne reconnut jamais d'autres lois que les siennes, ainsi devenant réservoir de séduction sans fond.
 

Berthe ou un demi-siècle auprès de l'Amazone-Recto

Berthe ou un demi-siècle auprès de l'Amazone-Verso

  • Lesbiana, seven portraits. Nouvelles (en anglais). Ed. du Nouveau Commerce, Paris, 1980, 56 p.
  • Chloto 1978
    « Neither honey nor bee for me. » Sappho
    Once Violette Leduc iced her into a frame :
    Chloto certainly has personality too much personality she is all bones and angles her eyes are the pale eyes of fakirs they see through you at the same time they laugh she is something of a visionary and of a babbling brook her straight nose is a guide and an enlightener Chloto has plenty of character she has chosen the world of books and besides? Her face is an ascetic one and a sensual one her mouth is wide and demanding the nostrils dilate at the thought of sex and texts chloto is very slender her shoulders are broad her hands are long and thin they cannot wait to cut the pages Chloto is a mixture of concrete and abstract she gets exalted when she controls herself she controls herself when she gets exalted she wears a boy's blond wig the cut is stylish the fringe slanting and well marked it is her own hair she vibrates when she expresses herself.
    Text has oulived sex. Her whisking nerves anchored to dusty shelves Chloto whispers MEMORY IS BUT THE TEST OF WISDOM Unclaimed her body is the hollow echo-chamber of seven words her only grant to enliven and sicken a seven years confinement but a seven words compost may grow strange carrols on a barren she-land wailing sounds rising out of the foul breast exposed to one long lasting puzzle for WOMAN IS THE BEST RIDDLE AND CLUE TO WOMAN
    A dead Airedale by her side Chloto played with chance as her only baiting needle
    Sur l'auteur, rabat de la 4e de couvertureLesbiana Seven portraitsSur l'auteur, rabat de la 1ere de couvertureknowing
    (fearing)
    woman would be the battle
    lantern at the end of the trackless journey and
    CONVEYING AN ACCEPTANCE OF HER FATE SHE
    SETTLED IT
    Unburdening when crossroads permit she wails :
    "Too long a love kills love and if now my body is an abstraction getting rid
    of its flesh at the mere clapping of my hands it was for a spanless
    time (a thousand
    nights and a hundred days)
    the very kernel of every performance and achievement
    Flesh laid the ambush
    The one day I met the one woman who was to become my steady Icon my body stood as erect and hieratic as a worm-eaten statue and though beaming forth many halleluiahs I was turned into a stiff and stilted sheet hanging on a winter morning wire an inside flame was burning me to embers but that piece of fleshy meat did not register one shiver thus revealing that hitherto
    OUR BODY IS NOT POLITICAL
    but liable to play the worst tricks on us.



  • Dire du corps, corps du dire. in Journal d'une femme soumise de Mara. Ed. Flammarion, Paris, 1979, Amsterdam, 1981

    Journal d'une femme soumise de Mara      Journal d'une femme soumise de Mara


  • Ecrits, voix d'Italie. Anthologie. Ed. Des Femmes, Paris, 1977, 460 p.

    Ecrits, voix d'Italie      Ecrits, voix d'Italie, Sommaire      Ecrits, voix d'Italie


  • L'encontre. Roman. Ed. Des Femmes, Paris, 1975, 162 p.

    L'encontre-Recto      L'encontre-Verso



    IlliZible-Recto IlliZible-4e Couverture  
    IlliZible !

    Clés de lecture des fictions de Michèle Causse

    L'encontre

    (              )

    Voyages de la Grande Naine en Androssie

    par Françoise Leclère
     
    Sommaire

    Avant-propos
    L'entrée en lecture
    Voyages de la Grande Naine en Androssie
    L'Encontre
    (        )
    Trois parolières de ce siècle
         Alice Ceresa
         Elvira Banoti
         Monique Wittig
    Questions à Michèle Causse


 © 2006-2010 Michèle Causse